Rencontre autour de l’oeuvre du poète vénitien Andrea ZANZOTTO

Vendredi, 4 février à partir de 19h00

Nous avons le plaisir de vous convier à une soirée de présentation de l’oeuvre du poète italien Andrea Zanzotto en présence du traducteur Philippe Di Meo. Une lecture de poèmes du recueil Phosphènes (José Corti, 2006) est prévue.

Présentation de Philippe Di Meo et lecture des poèmes par Valeria Dafarra (comédienne) et Jean-Charles Pierrisnard (acteur).

Si Le Galaté au bois, premier volet de la trilogie d’Andrea Zanzotto, prenait pour thème un sud matérialisé par les bois sombres et feuillus du Montello semés de riches traces historiques, Phosphènes, le second pan du dessein trinitaire, campe, pour sa part, un nord peu ou pas historicisé, fortement minéralisé, inclinant au blanc enneigé, givré ou glacé. Dans cet univers comme surexposé, de réfractions en diffractions, la lumière est au surcroît. Une foule de scintillements se propagent de place en place, la parole s’émiette en une multitude de bribes tantôt abstraites tantôt concrètes où les effets de vérité et les épiphanies – Eurosie qui protège de la grêle et Lúcia porteuse de clarté au plus sombre de l’hiver – se bousculent. Cet univers transi et congelé se révèle toutefois réversible car, invisibles, des lacs peuvent se former sous les glaciers les plus hostiles, la lumière ricocher sur les surfaces blêmes. Un jeu d’oppositions contradictoires, mimant d’une certaine façon le silence et le cri, se fraye alors la voie. Le couple conflictuel et finalement complice du carbone et de la silice, susceptible de se changer en silicium, se fraye la voie. Une recomposition des minuscules signes éblouis, aveuglés explose alors en une pulvérulence de phosphènes proches et lointains, intérieurs et extérieurs, impersonnels ou privés. Des gisements de souvenirs fossilisés ou enfouis épars réaffleurent à mi-chemin du sens et du non-sense sur une page virginale mimant tous les jeux du recommencement. Là le moi et le monde se superposent sans se confondre pour parler ensemble et l’un de l’autre, l’un a travers l’autre, comme dans la transparence d’un prisme cristallin faceté. Un miracle synesthésique et anagrammatique devient alors tangible, la conquête d’une apaisante lumière dorée procédant d’une temporalité au futur antérieur devient finalement tangible.

Andrea Zanzotto (Pieve di Soligo, 1921) est issu de l’hérmétisme. Il s’en éloigne dès Vocativo (1957). Une ironie insistante vient bouleverser le bel ordonnancement des images. À compter de IX Ecloghe (1962), il va s’attacher à explorer les plans de clivage de la tradition à travers le chant amébée. La Beauté (1968, Maurice Nadeau, 2000) constitue un premier aboutissement. Pâques (1973) s’ouvre notamment à la picturalité de la page et La Veillée (1976) s’abandonne à la poésie dialectale. Toutes ces découvertes confluent bientôt dans une trilogie récapitulative : Le Galaté au bois (1978, Arcane 17, 1986), Phosphènes (1983), Idiome (1986, José Corti, 2006). Météo (Maurice Nadeau, 2002). Andrea Zanzotto a également donné un recueil de nouvelles, Dans la brûlante chaleur (Maurice Nadeau, 1997) et de nombreux essais publiés par José Corti sous le titre de Essais critiques (2006). Son dernier ouvrage s’intitule Surimpressions (2001).

Andrea Zanzotto a collaboré avec Fellini pour les films Amarcord, La nave va et La città delle donne.

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