Promenade contemplative dans les « Vergers » de Rilke

verger-de-rilke

Dimanche 11 décembre à 18h

la comédienne Isabelle Fournier lira

Vergers

de Rainer Maria Rilke

Ce quatrième rendez-vous du cycle Le pain et le sel se terminera par un verre
……
Cette soirée est généreusement soutenue parlogo-hd

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« Peut-être que si j’ai osé t’écrire,
langue prêtée, c’était pour employer
ce nom rustique dont l’unique empire
me tourmentait depuis toujours: Verger. »

Ainsi s’élance le premier poème en quatre strophes de « Verger », constellation en sept parties qui rayonne au cœur du recueil « Vergers« , les six autres pièces, de mètres variés, se composant chacune de trois quatrains. Dans ce ciel étoilé des poèmes français de Rilke, plusieurs astres nommés, plusieurs ensembles en mouvement « Eros » premier venu, puis après « Verger », « Printemps » et « La fenêtre » n’en finissent pas de verser leur influence sur ce qui les entoure et de faire tressaillir les poèmes qui les suivent, mais de reprendre en abyme au singulier le titre pluriel du recueil, ce long chant central se désigne…

Et cette affirmation centrale se redouble d’explications données par l’auteur de ces « Elégies de Duino » et des « Sonnets à Orphée » assez dernièrement achevés quand ce travail « marginal » a commencé à s’élaborer à Muzot dans les premiers mois de 1924. Après la parution du recueil, en devoir de s’expliquer, il écrit au critique zurichois  Edouard Korrodi: « S’il en résulte aujourd’hui la parution imminente d’un choix (dû  mes amis) de mes vers français, c’est qu’une série de circonstances m’ont converti à cet accord et à ce risque. Le désir avant tout, d’offrir au canton de Valais le témoignage d’une reconnaissance plus que privée pour tout ce que j’ai reçu (du pays et des gens). Ensuite, celui d’être plus visiblement lié, à titre de modeste écolier et d’immodeste obligé, à la France et à l’incomparable Paris, qui représentent tout un monde dans mon évolution et mes souvenirs. et, à l’arrière-plan, la pensée que ne pourrait guère réussir jamais pour ma poésie ce qui vient d’être atteint pour la prose des Cahiers de M.L. Brigge: une transposition vraiment fidèle et légitime. Par Maurice Betz: en préparation chez Emile-Paul frères, Paris, rue de l’Abbaye 14. La connaissance que l’on prend de mon travail par cette traduction risque finalement d’être mieux complétée par mes vers français (même si l’on ne voit en eux qu’une « curiosité ») que par tout effort pour donner de la structure allemande de mes poèmes adultes une imprécise approximation française »

Nos désirs se conjuguent, il y a longtemps que j’avais goût de faire entendre dans sa première expression, sans le détour de traduction, la voix de  cet auteur, poète, à ce qu’il fut dit, jusque dans sa façon de se laver les mains. Je vous invite à déguster ce recueil où se fait délice son pouvoir nouveau « à dire le simple » sans solennité ni extase, où s’explorent ou s’implorent dans une attente infinie en forme d’offrande le mystère du familier et la résonance métaphysique de ce qui nous entoure.

Isabelle Fournier
Cet article a été publié dans Du pain et du sel, Evénement, Poésie, Rencontres. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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